Clip des œuvres de Clovis Trouille

Clip des œuvres de Clovis Trouille

« Il est vrai que je n’ai jamais travaillé en vue d’obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais bien plutôt pour mériter dix ans de prison et c’est ce qui me paraît le plus intéressant » (cité par le musée de Picardie)

Clovis Trouille entre à l’école des beaux-arts d’Amiens en 1905.

Après sept ans sous les drapeaux, dont quatre ans de guerre, il travaille pendant trente-cinq ans comme maquilleur-retoucheur chez un fabricant de mannequins. Il peint pendant ses loisirs des toiles où les thèmes de l’anticléricalisme, de l’humour macabre et de l’antimilitarisme reviennent fréquemment. Traumatisé par la Première Guerre mondiale, il se définit comme anarchiste.

Sa peinture, qui exalte la couleur et l’érotisme, et pourfend « le sabre et le goupillon », est proche de celle des surréalistes, ce qui le fait remarquer en 1930 par André Breton. En décembre 1931, une de ses œuvres, Remembrance, est reproduite dans le n° 3 de la revue Le surréalisme au service de la révolution. Clovis Trouille s’éloigne ensuite de ce courant en revendiquant ses influences de la Renaissance. Son œuvre emprunte aussi à la culture de masse, notamment à la bande dessinée et au kitsch.

Clovis Trouille est peu connu car il ne recherchait pas la gloire, il savait que son œuvre n’était pas à mettre entre toutes les mains. Le risque, pourtant, était faible : ni le public ni la critique ne s’y sont beaucoup intéressés. Lorsqu’il consentait à s’en séparer, il souhaitait parfois les récupérer afin d’y ajouter des détails : un personnage, des objets, ou simplement un grain de beauté…

De son vivant, une seule exposition lui a été consacrée, en 1963, à la Galerie Raymond Cordier à Paris : elle était interdite aux moins de 18 ans et aux plus de 70 ans. Les autres n’y venaient que sur invitation privée.

 

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